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Perez

Interview — Mohamed Sqalli
Photography — Jean-Baptiste Sinniger

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Since the death of Alain Bashung in 2009, a whole bunch of people was longing for the developments of the story he initiated in the mid-70's. A story about elegance, darkness, sexiness and a zest of off-the-wall humor. After the release of his album, many believe (us included) that Perez has his share of the story to tell.

Hi Julien, how are you doing?

I’m doing good, a bit sick but it’s okay.

Hello Julien, comment ça va ?

Ça va bien, un peu malade, mais ça va.

What do you think about the gorgeous neighborhood we brought you to today?

I don’t know it that much but we shot the video for Le Rôdeur here at Les Olympiades. In general, I have a taste for estates from the 70s. It’s very graphic. There are not many of places like this inside Paris. In that video, we wanted to focus on a man’s stroll, but in Paris Haussmannian buildings are very recognizable. We wanted an urban environment that was totally impersonal, almost inhuman. So we shot here and in Brussels too, in the business neighborhood.

Qu’est-ce que tu penses de ce magnifique quartier où on t’amène aujourd’hui ?

Je le connais pas plus que ça mais on a tourné le clip du Rôdeur sur la dalle des Olympiades. De manière générale j’ai un petit faible pour les ensembles 70s. C’est hyper graphique. C’est pas évident de trouver des lieux comme ça à Paris. On voulait filmer les déambulations d’un mec dans ce clip et à Paris, tu reconnais tout de suite les bâtiments haussmanniens… On avait essayé à Pigalle mais tu reconnais tout de suite que c’est Pigalle. On voulait une sorte d’environnement urbain, mais qui soit assez impersonnel, presqu’inhumain. Ce quartier était cool pour ça, et on a fait un mélange avec le quartier des affaires à Bruxelles.

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You do a lot of namedropping in your bio, mostly with refined references such as Alain Bashung, Serge Gainsbourg, Gerard Manset, Dashiell Hedayat… Do you believe in the marriage of French pop music to a certain form of elitism?

What I prefer about French music is well-written songs, even when there is a certain simplicity, like in Etienne Daho’s music or Christophe’s. Before making a good French song, you have to go through a reflection about style first. You can’t afford to just throw phrases like in English, which is a language far more rhythmical. First, I think there must be a cultural reason: songs in English built us culturally as young pop music authors. But I think there’s also a thing about the language itself, that’s more rhythmical, words are shorter. In French, words are harsh, sounds are less open. It strikes less. Saying stuff like “I wanna party” or “I wanna make love to you” sounds cheesy in French.

Dans ta bio promo, ça namedrop sévère. Et souvent des références assez pointues, ça va de Bashung à Gainsbourg, Gérard Manset, Dashiell Hedayat…. Tu crois au mariage de la chanson française avec une certaine forme d’élitisme ?

Ce que je préfère dans la chanson française, c’est toujours des choses bien écrites, même lorsqu’il y a une certaine simplicité, que ce soit Daho ou Christophe. Pour faire quelque chose de bien en français, on est obligé de passer par des réflexions sur le style. On ne peut pas se permettre de lancer des phrases comme on peut le faire en anglais, qui est une langue beaucoup plus rythmique. Il y a peut-être aussi une raison plus culturelle : toute la pop est anglo-saxonne et c’est ce qui nous a construits culturellement en tant que jeunes auteurs de pop music. On est plus habitués aux sonorités de la langue anglaise mais je pense que ça ne s’explique pas que sociologiquement. Je pense qu’il y a vraiment un truc de la langue elle-même, qui est plus rythmique, les mots sont plus courts. En français, les mots sont durs, les sonorités moins ouvertes. Ca claque moins. Il n’y a pas de « up », des trucs comme ça, c’est toujours des « on », des « an ». Donc c’est compliqué si tu dis juste « j’ai envie de faire la fête » ou « j’ai envie de toi, bébé », c’est hyper cheesy.

I have the impression that French is a much more precise language, and English infinitely abstract. French is immediately figurative. It’s all about the word, the sense.

I think that there are different levels in writing. People like Gérard Manset, who writes entire books, poems represent a form of elitist literature. That being said, even when you try to write pop songs and be accessible, you need to have this reflection about French language. 

En fait, j’ai l’impression que c’est une langue qui est beaucoup plus précise en général et beaucoup moins abstraite. Alors que l’anglais a une capacité d’abstraction infinie, là c’est tout de suite très figuratif, le mot, le sens.

Je pense que tu as des degrés dans l’écriture, donc des mecs comme Manset qui écrit des livres entiers, qui fait de la poésie, c’est vraiment la littérature élitiste, pour reprendre ce terme. Malgré tout, même quand on essaye d’aller vers quelque chose de pop et qui soit accessible à tous, on est obligés d’avoir cette réflexion sur la langue française.

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Do you really think there is an audience nowadays that wants to listen well-written French songs? Both sonically and writing-wise, it can be repulsive or sound too sophisticated to the audience. 

I think it’s always mysterious to guess what people want or are ready to listen or not. There is a lot of stuff like Fauve for instance, that I don’t think any label would have bet on them. The six minute long talkovers that they do could sound like a niche thing but people finally liked it. If you ask yourself constantly if people will like what you’re doing, you’re in the same process than the majors in the 90s who built bands from scratch. I feel that people now are more exposed to certain cultural references, like less and less formatted productions and ask to be surprised.

Tu penses vraiment qu’il y a un public aujourd’hui pour écouter des chansons en français, même si elles sont bien écrites ? Le son et l’écriture ne semblent pas toujours accessibles.

Je pense que ce que veulent les gens ou ce qu’ils sont prêts à écouter, c’est toujours assez mystérieux. Il y des trucs qui cartonnent, Fauve par exemple, je pense qu’aucun label n’aurait misé sur eux. Des talk-overs de 6 minutes, c’est quelque chose qui au départ peut sembler assez insolite, c’est un truc de niche et finalement ça plaît. Il ne faut pas se demander a priori si ce qu’on fait va plaire. Finalement c’est un peu une réflexion des années 90, quand les majors fabriquaient les groupes. Aujourd’hui, j’ai l’impression que les gens ont plus facilement accès à certaines références culturelles, aiment moins les choses formatées et ont envie d’être un peu surpris.

You said in an interview for Brain that all the barriers separating bands, and cultural productions in general were broken down. People could like a blockbuster and indie music at the same time. Do you think it’s true for all categories of culture customers or only a certain part of them?

Well, when I say that, I’m thinking about the people that have a certain education. Even if there are exceptions like globally acclaimed series like Game of Thrones or Mad Men that are really complex in their writing. The characters are really intricate. There are ambivalent interpersonal relationships. It’s far less black and white than a blockbuster. In Mad Men, there’s a moment when Don Draper goes to California and spends long days by the poolside. It’s really like in American novels, with this blank in the narration that’s not necessarily advanced in the plot. And millions of people watch that! I don’t like when people say we’re living in a degenerate era, that consumer society drove everybody stupid. I think it’s false. People read less, but they counterbalance thanks to the Internet.

Tu disais dans ton interview pour Brain qu’aujourd’hui les groupes musicaux et les productions culturelles en général sont décloisonnés et que les gens peuvent voir des blockbusters comme écouter de la musique indé. Penses-tu que ce soit vrai pour l’ensemble des milieux sociaux ou est-ce que ça en concerne une partie, pas forcément représentative du public dans son ensemble?

Je ne sais pas s’il faut raisonner en termes de milieu social. Mais c’est vrai que quand je dis ça, ça concerne plutôt des gens qui ont une certaine éducation. Enfin, je dis ça, mais en même temps tu as le phénomène des séries, comme Game of Thrones ou Mad Men. C’est 10 fois moins con qu’un blockbuster au cinéma je trouve, il y a des profils psychologiques plutôt compliqués, des relations interpersonnelles ambivalentes, c’est moins manichéen qu’un blockbuster. Dans Mad Men en tous cas, il y a des moments de pure errance. Je me rappelle qu’un moment Don Draper se barre en Californie au bord d’une piscine et on dirait vraiment un roman américain, avec une sorte de creux dans la narration, pas spécialement d’avancée dans l’intrigue. Pourtant des millions de téléspectateurs regardent. Je suis contre ce qu’on a tendance à dire, qu’on est une époque de dégénérés, que la société de consommation a rendu tous les gens complètement débiles, je pense que c’est faux. C’est juste qu’il y a eu des déplacements, les gens lisent peut-être moins, mais ils compensent avec Internet.

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I was talking with a friend of mine about this subject, and he was saying that the problem was Facebook essentially. Internet allows you to discover a lot of stuff but Facebook only shows you things that you already have an interest for.

If you only go to content aggregators like Facebook, it sure limits the possibilities. I don’t know if Internet’s really the problem. Someone curious, with very few material means can do incredible things on the internet. And much more than music or film. Even in literature. When I was a philosophy student, Internet helped me a lot. But addictive sites like Facebook are deadly and masturbatory. You’re always checking if you have any new notification. I mostly use it to promote what I do. But every time I’m in a waiting situation, I have the reflex to get my phone to check my news feed. Or newspapers apps, even if I don’t really read them.

J’en parlais dernièrement avec quelqu’un qui prêche que Facebook est un cancer. Il disait un truc assez juste : Internet permet de découvrir beaucoup de choses mais au final Facebook ne te montre que les pages que tu suis et ne te fais pas découvrir de choses différentes.

C’est sûr que si tu ne vas que sur des agrégateurs de contenu, ça ferme l’horizon, mais il y a aussi tout le système de liens. Je ne sais pas si Internet est vraiment le problème. Quelqu’un de curieux, avec très peu de moyens peut faire des choses incroyables sur Internet. Et bien au-delà de la musique ou des films. Même en littérature. Mais les sites addictifs, comme Facebook, c’est assez mortifère et masturbatoire. Tu vas tout le temps checker si tu as une notification. Facebook je m’en sers surtout pour promouvoir ce que je fais. Mais c’est vrai que, dès qu’il y a une situation d’attente, j’ai le réflexe de sortir mon téléphone pour regarder le fil d’actualité. Ou l’application Le Monde, mais tu ne lis même pas, tu lis en diagonale. 

I don’t know if you’re a football lover, but in the French team, every time there’s a promising offensive midfielder, people say he’s the new Zidane. Don’t you feel like it’s the same with Bashung, since his death? Every time you have some guy singing in French with a dark universe, every one calls him the new Bashung. Until the next new Bashung arrives.

(Laughs) I totally subscribe to that.

Je ne sais pas si tu es très foot, mais en équipe de France, dès qu’il y a un 10 pas trop mal, on crie au nouveau Zidane. Tu as pas l’impression que c’est un peu la même avec Bashung, depuis sa mort. Dès que tu as un mec avec un univers un peu sombre, on dit que c’est le nouveau Bashung. Jusqu’à ce qu’un autre nouveau Bashung arrive.

(Rires) Je suis plutôt d’accord.

You heard it about yourself, right? 

Yes, it comes back to the namedropping you were referring to. When you start, you have to give references. I realized rather quickly that what you say in your bio is reused in 90% of the articles, so you've got to try and find something you consider relevant. Alain Bashung is my favorite when it comes to great French references, because I think there's a more experimental side to his music than Gainsbourg's for example.

Tu l’as entendu au sujet de Perez, non ?

Oui, ça revient au namedropping dont tu parlais. Quand tu commences, il faut forcément que tu donnes des références. Je me suis rapidement rendu compte que ce que tu dis dans ta bio est repris dans 90% des articles, donc il faut essayer de trouver des trucs qui te semblent pertinents. Alain Bashung est celui que je préfère dans les grosses références françaises parce que je trouve qu’il y a un côté plus expérimental dans sa musique que chez Gainsbourg, par exemple. 

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I get the feeling that Gainsbourg  was more experimental with other people's music. For instance in his collaboration for Bashung’s Play Blessures.

Right, but I believe that Bashung had recut his lyrics, and that Gainsbourg hadn't liked it so much. There is a lot of stuff that is impossible to listen to in Bashung's music, from the 90s. Acid jazz pieces, misfire lyrics, puns, and in the middle of all that, you find an incredible track. It's a bit like Christophe, he tries out a lot of things. I think that Gainsbourg, on the contrary, is more classical, more academic, everything is always very well written, very harnessed.

J’ai l’impression que Gainsbourg était plus expérimental dans la musique des autres. Comme dans sa collaboration avec Bashung sur Play Blessures.

Oui, d’ailleurs, je crois que Bashung avait redécoupé dans ses paroles, et Gainsbourg avait pas trop apprécié. Chez Bashung, il y a plein de trucs qui sont vraiment inécoutables, dans les années 90. Des morceaux acid jazz, parfois les paroles tombent à plat, avec des jeux de mots, et au milieu tu as un morceau incroyable. C’est un peu comme Christophe, il essaie plein de choses. Je trouve que Gainsbourg, à l’inverse, a un côté très classique, très académique, c’est toujours très bien écrit, très maîtrisé.

What is your favorite Bashung album ? 

I think it's Play Blessures, the lyrics are crazy. I like the album Chatterton very much too, the lyrics are really great, even though the instrumentals have aged. I also like the darker album L'Imprudence, there are killer lyrics.

C’est lequel ton album préféré de Bashung ?

C’est Play Blessures je pense, je trouve les textes dingues. J’aime beaucoup aussi l’album Chatterton, les paroles sont vraiment super, même si les prods ont assez mal vieilli, elles sont très 90. J’aime beaucoup aussi l’album hyper dark, L’Imprudence, les paroles sont mortelles aussi.

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How do you position yourself in that game ? Who's the best new Bashung to you ?

 I have difficulties seeing the link between a career path like Bashung's and the people of today. Bashung has always been surrounded by studio people, he had a new producer for each new album, he was working with lyricists. Whereas the bands that are said to resemble him today have all a do it yourself indie rock spirit to them. It is not the same kind of carrer, of positioning.

Comment tu te places dans ce game-là, du coup ? C’est qui pour toi le meilleur nouveau Bashung ?

J’ai un peu de mal à voir le lien entre un parcours à la Bashung et les gens aujourd’hui. Bashung a toujours été entouré de gens de studios, chaque album avait un nouveau producteur, il bossait avec des paroliers. Alors que tous les groupes qui se sont rapprochés de lui maintenant ont un côté do it yourself, proche de la musique rock indé. C’est pas du tout le même genre de carrière, de positionnement.

When asked to describe your music, the word "modern" always comes back. Some people, like GG, one of your nice listeners, strongly disagree. What do you have to answer to GG and people like him ?

(Laughing) I use "modern" in the sense of "contemporary". It is also a way of conveying that it is not a revival thing. I think that a fairly large amount of bands are in a musical vintage mood, it's not what I want to do. It is only natural that stuff from the 70s, 80s or 90s reappear. In every kind of music, you can point out references from the previous decades. I don't think I'm making elitist music, even if when you sing over synths, people often say you make 80s' music. 

Quand on te demande de décrire ta musique, il y a toujours le mot « moderne » qui revient. Certains, comme GG sur Youtube,  l’un de tes sympathiques auditeurs prétendent le contraire. Qu’est-ce que tu réponds à GG et aux gens comme lui ?

(Rires) J’emploie moderne, au sens de contemporain. C’est aussi une manière de dire que ce n’est pas un truc revival. Je pense que pas mal de groupes sont dans la « vintagerie » musicale, ce n’est pas ce que je veux faire. Qu’il y ait des choses des années 70, 80, 90 qui ressurgissent, c’est bien normal, dans n’importe quelle musique, tu peux pointer des influences des décennies précédentes. Mais je ne considère pas faire de la musique élitiste, même si quand tu chantes sur des synthés, souvent on te dit que c’est eighties. 

Can one person get his inspiration from Manset, Bashung, Daho or Christophe and pretend to be modern ?

Yes, I believe so, because to me talking about modernity is a way of positioning myself in a history of French singing. What I like in listening to Dashiell Hedayat or Alain Kan, is the way they play with the classical structures of pop music : starting to talk 4 minutes after the song has started, putting a verse at 5 minutes, and suddenly ending the song... That kind of liberties from the 70s. But I'm not going to take the yéyé guitar or the drums from Gong. I want to do something truly contemporary, in the sound and in the subjects. From those years, I picked up more conceptual things like what you can do with a pop song, sung in french. 

Peut-on s’inspirer de Manset, Bashung, Daho, Christophe et les autres et prétendre être dans la modernité ?

Oui, parce que quand j’en parle, c’est plutôt pour se positionner dans une histoire de la chanson française. Ce qui me plaît quand j’écoute Dashiell Hedayat ou Alain Kan, c’est une manière de jouer avec les structures classiques de la pop : se mettre à parler au bout de 4 minutes, au bout de 4-5 minutes un refrain arrive, et puis la chanson s’arrête… Ce genre de libertés des années 70. Par contre, je ne vais pas reprendre les sons de guitare yéyé et la batterie de Gong. Je veux faire quelque chose de  vraiment contemporain dans les sonorités, ou même les sujets. Je suis allé chercher dans ces années-là plutôt sur un niveau conceptuel : qu’est-ce qu’on peut faire d’un morceau pop chanté en français.

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You write a lot. For example, for artists. Have you written your bios ?

No, I participate and I read them over. I have always written for artist friends. I have made philosophy studies. I had a website called Deratisme, which is very photography-oriented. But writing about yourself, writing a bio, is complicated. It's cool to have someone with some distance. 

Tu écris beaucoup, pour des artistes par exemple. C’est toi qui écris tes bios ?

Non, j’y participe et je relis. Ecrire pour des artistes, je l’ai toujours fait pour des potes – j’ai pas mal de potes artistes. J’ai fait des études de philo. J’avais fait un site qui s’appelait Deratisme, très axé photo. Mais écrire sur soi, écrire une bio, c’est compliqué. C’est cool d’avoir quelqu’un qui a un peu de distance.

Why have you signed to Barclay ? Why this label in particular ?

I had already recorded my album with Accelera Son, Anne Claverie's label. She is my editor and also became my producer. We wanted to sign a licence contract, because it is hard to release an album when you're all by yourself. We met quite a few labels and decided for Barclay. I liked the history of the label and its artists, which include Alain Bashung (laughing). It was the less scary one among the majors. You always have this image in mind of the major that require you to make horrible music videos, to partner with Diesel or Abercombie, things like that (laughning). And also I had known my project manager, Flavie Jaubert for a long time, back in Bordeaux.  

Pourquoi avoir signé chez Barclay ? Pourquoi ce label en particulier ?

J’avais déjà enregistré mon disque, avec Accelera Son, le label d’Anne Claverie, mon éditrice, qui est aussi devenue ma productrice. On voulait signer en licence, car c’est dur de sortir un disque quand tu es seul. On a rencontré pas mal de labels et on a penché pour Barclay. J’aimais bien l’histoire du label et ses artistes, dont Alain Bashung (rires). Dans les majors, c’est celui qui me faisait le moins flipper car on a toujours en tête cette image des majors qui vont t’imposer des clips horribles et des partenariats avec Diesel et Abercrombie, des trucs comme ça (rires). En plus, je connais ma chargée de projet, Flavie Jaubert, depuis très longtemps, depuis Bordeaux. 

Is it difficult to move from singing English pop music with 5 guys on stage to singing french songs on your own ?

It compels you to write good lyrics because you have to be comfortable with them on stage and manage to embody them. In english, I can allow myself to say some things that are not me, stuff a total slacker would say. When you switch to french, you cannot be at ease with this speech, it would be totally wack.But about the concerts themselves, I don't feel it changed my relationship to the stage that much. There is something rather energetic and free on stage. I don't stand in the front with some guy on a laptop behind me.

C’est dur de passer de 5 mecs sur scène à chanter de la pop en anglais, à tout seul à chanter de la chanson française ?

Ça oblige à écrire de bonnes paroles, tu te dis qu’il faut les assumer sur scène et arriver à les incarner. En anglais, je peux me permettre des trucs qui ne sont pas du tout moi, des trucs de gros branleurs. Quand tu passes à la langue française, tu ne peux pas assumer ce discours, ce serait hyper wack. Après sur les concerts en eux-mêmes, je n’ai pas l’impression d’avoir beaucoup changé mon rapport à la scène. Sur scène, il y a un truc assez énergique, assez libre. Je ne suis pas planté devant avec un mec au laptop derrière.

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